Etoile Sportive Pierrefortaise Bâtie sur Pierre !
 
1) Salut Mika, pour commencer peux-tu te présenter ?
Salut, je m’appelle Michaël Ajalbert, je vais avoir 32 ans le 3 Juin 2018, jour du dernier match de la saison au stade Georges Perrot (au cas où il y en ait qui passe du côté de la buvette ce jour-là !). Je travaille depuis le 15 Janvier 2018 au centre social de Saint-Flour en tant qu’animateur et responsable de la tranche d’âge 14/17 ans. Auparavant, j’ai travaillé 6 ans au Lycée Louis Mallet de Saint-Flour ; dans un premier temps en tant que surveillant et dans un second temps comme professeur d’EPS et responsable de la section foot. Concernant mes diplômes, je suis titulaire d’une licence STAPS mention éducation et motricité ainsi que d’un brevet d’entraineur de football (BEF). L’ensemble de mes expériences professionnelles et de mon cursus scolaire fait que j’ai un réel intérêt pour le développement du football et du sport en général tout en s’imprégnant des valeurs humaines du sport comme le respect, l’entraide, la solidarité, la loyauté, etc…
 
2) Présente-nous ton parcours footballistique ? Quel ont été les moments marquants ?
J’ai commencé le foot à l’âge de 5 ans à l’ESP (qui à l’époque était une entente avec Cézens pour les jeunes) avec comme éducateurs quelques figures du club comme Patrick Patard, Dominique Achalme, Marlène Laparra, Marion Dutrevis, mon père Jean (désolé si j’en oublie car cette époque est assez lointaine vu mon âge avancé !!!). Au passage un grand merci à eux qui étaient là tous les week-ends pour nous apprendre les bases du football et nous amener aux 4 coins du département pour des tournois. A l’âge de 12 ans, au cours d’un tournoi à Valuéjols, Bernard Bayol (éducateur à l’US Saint-Flour) était venu voir mon père afin de lui demander si je souhaitais rejoindre l’USS qui à cette époque évoluer en DH dans l’ensemble des catégories jeunes. Cette opportunité tomba en même temps que le moment où le devenir des – 13 ans de l’ESP était incertain quant à la reprise d’une équipe l’année d’après par manque d’effectif. Après des semaines de réflexion avec mon père, je rejoins l’US Saint-Flour en – 13 ans où je vais faire 18 ans en tant que joueur jusqu’à ce que je revienne à l’ESP il y a 2 ans. Comme je vous l’ai dit ci-dessus, j’ai effectué l’ensemble des catégories jeunes (de -13 ans à – 18 ans) au sein des équipes de l’US Saint-Flour avec des joueurs tel que Flo Odoul, Fabrice Buchon, Fabien Pichon, Alex Riom, Flo Baudin, Edouard Gastal, Remy Gemarin, Kevin Chassagnol, etc. Cela me rappelle de beaux déplacements en voiture où on prenait du plaisir à jouer mais où les retours en voiture étaient mouvementés ! Arrivé en sénior, cela a été un peu plus compliqué car à 20 ans, j’ai eu une rupture des ligaments croisés du genou droit, 3 ans après le genou gauche et encore 1 ans après de nouveau le genou gauche. Du coup, mon parcours footballistique en sénior a été très saccadé mais entre les blessures, j’ai toujours pris du plaisir à rejouer au foot et à se surpasser pour essayer de jouer et de prendre du plaisir que ce soit en équipe 2 ou en équipe 3 de l’USS. Arrivé à l’âge de 27 ans, Bernard Enjalvin, président de l’USS de l’époque me demande si je souhaite devenir entraineur de l’équipe 2 et adjoint de l’équipe 1. A partir de ce moment-là, je continue à jouer un peu avec les copains mais une page commence à se tourner, je me préoccupe davantage de mon poste d’entraineur plutôt que de mon statut de
joueur. Je passe donc 3 années au côté de Vianney Pelat (entraineur de l’équipe 1 de l’époque) avant de rejoindre l’ESP en tant qu’entraineur de l’équipe première et joueur pour dépanner quand il y en a besoin. En parallèle, durant ces deux dernières années, j’ai également continué à être éducateur au niveau des jeunes de l’US Saint-Flour car j’ai une devise à laquelle je tiens beaucoup : « il ne faut pas oublier d’où tu viens » et si j’en suis là aujourd’hui, c’est grâce à des personnes qui m’ont fait confiance à un moment donné en me confiant des équipes au sein de l’US Saint-Flour, ce qui m’a permis de faire ma petite expérience. C’était la moindre des choses que de rendre la pareille au club de Saint-Flour en continuant de m’occuper des jeunes. Merci à eux.
Concernant les moments marquants, j’en ai plusieurs car dès qu’on rentre avec les copains sur un terrain, c’est tout le temps pour prendre du plaisir et se rappeler de supers moments. Donc c’est dur d’en ressortir un plus que l’autre mais pour vous faire plaisir je vais dire quand j’étais en -18 ans et qu’on se fait éliminer en 64ème de coupe Gambardella contre Lattes (Herault). Tous les dirigeants, les parents, les amis étaient là pour nous encourager, un bon souvenir… Sinon en tant que coach on va dire la victoire au 1er Mai avec le groupe U11 de l’USS, c’était mon premier réel trophée donc cela ne s’oublie pas et après sinon on va dire la finale de la coupe du Cantal gagnée à Pierrefort avec l’équipe 1 de Saint-Flour en tant qu’adjoint à Vianney Pelat. Celle-là, elle a une ferveur particulière car c’était comme un retour à ma maison d’enfance.
 
3) Tu as, à un moment donné, préféré un parcours d’éducateur que de joueur, qu’est ce qui a motivé ce choix ?
Tout d’abord, depuis tout petit, je disais à mes parents que je voulais devenir professeur d’EPS ou travailler dans l’animation. On va dire que j’avais donc au fond de moi, une petite fibre d’éducateur, mais jusqu’à mes 18 ans je n’ai pensé à aucun moment, que devenir éducateur de football pourrait être « possible ». On va dire que c’est pleins de concours de circonstances et la chance d’avoir rencontré des personnes importantes qui m’ont transmis la fibre d’éducateur.
Tout commence au moment où j’étais en 2ème année de FAC de sport, année au cours de laquelle nous devions choisir une UE. Parmi ces UE, il y avait celle qui permettait d’intervenir dans une association. Cette année-là, c’était Guillaume Delcelier qui était responsable de l’école de foot de l’USS. Je suis alors allé lui en parler et lui demander de me prendre sous son aile pour intervenir auprès de la catégorie débutant de l’époque. Guillaume faisait partie de ces gens qui ont l’amour du football et qui m’ont fait aimer cette approche d’éducateur et le fait de transmettre les valeurs du football auprès des plus jeunes. Merci à toi Guillaume. A la fin de l’année, il me proposa d’être responsable de cette catégorie. J’ai donc ainsi fait mes premiers pas en tant qu’éducateur principal et ce, à l’âge de 19 ans. Durant plusieurs années, j’ai ainsi fait mon petit bout de chemin catégorie par catégorie jusqu’en U13 avec une génération de parents et de joueurs tels que Teissedre Quentin, Meyrial Lagrange Antoine, Rodier Arnaud, Bonnefoy Anthony, Chabrier Benoit, Ferraton Emilien, Gallo Christopher…. Au passage, ces joueurs-là sont à la veille de leur passage officiel en sénior donc bonne chance à eux pour la suite de leur « carrière », l’avenir est devant vous. Après cette mise en jambe avec les catégorie jeunes, j’ai eu la chance de me voir confier les U15 de
l’USS avec là encore, une autre approche du football puisque l’on commence à parler d’avantage tactique. Ces 3 années en U15 ont été le début du déclic pour ma suite en tant qu’éducateur. Cette année-là, j’ai eu le vieux briscard de Phillipe Mathieu à mes côtés en tant que dirigeant. Il m’a permis d’apprendre beaucoup notamment au niveau de ma gestion des émotions sur le banc. Quand l’énervement et la fougue de la jeunesse prenaient le dessus, il était là pour me remettre à ma place. On va même dire qu’il m’a évité certains cartons rouges en tant que coach alors que je n’en avais jamais pris un en tant que joueur. Merci Phillipe. Au cours de ces années en U15, nous avons atteint le niveau ligue avec les joueurs cités auparavant et d’autres joueurs comme Baduel Franck, Couve Théo, Marsal Loic, Chadelat Joseph, Fabre Benjamin, Costerousse Pierre Louis, Miquelino Cyrille, Vidalenc Jordan, Cros Cyril, Valarcher Antoine, Chadelat Julien, Ramadier Kevin, Stankovic Nicolas, etc. Merci à eux aussi car c’est grâce à eux que j’ai fait mes premiers pas du foot à 11 et c’est grâce à eux que j’ai eu le plaisir de continuer. Durant ces années-là, un autre fait marquant m’a permis d’évoluer.C’est lorsque Rolland Seux (CTD du Cantal de l’époque, aujourd’hui à la ligue Rhône Alpes-Auvergne), m’a sollicité pour encadrer la section football de Massiac. Cela m’a permis de voir une autre façon d’entrainer avec comme point d’orgue la progression des joueurs sans se préoccuper du résultat des matchs du weekend et de pouvoir passer mon BE1 à Vichy et d’apprendre encore plus.
Et enfin, alors que j’avais 27 ans (je pense que c’est l’élément déclencheur de mes débuts d’entraineur en séniors), en début Juillet 2013, Bernard Enjalvin (président de l’USS de l’époque), m’appela afin de me confier la responsabilité de l’équipe 2 de l’USS et adjoint de l’équipe 1 avec Vianney Pelat. J’acceptai la proposition et à partir de là, j’appris beaucoup d’autres facettes du rôle d’entraineur. Un grand merci à Bernard Enjalvin et l’équipe dirigeante de l’époque qui m’a confiée leur confiance et un grand merci à Vianney Pelat qui m’a fortement fait progresser au cours de ces 3 années passées à ses côtés. Merci à vous tous.
Au cours de ces 3 années, j’ai aussi donné un coup de main à la catégorie U18 et en 2013, au lycée Louis Mallet, nous avons créé une section football dont je fus le responsable jusqu’en Janvier 2018 et je devins titulaire du Brevet d’Entraineur de Football (BEF). Comme je vous l’ai dit précédemment, ces 3 années au côté de Vianney m’ont faites progresser et m’ont donné encore plus envie de devenir entraineur. Ces 3 années ont été rythmées par des bon moments (3ème d’élite et bataille jusqu’à 2 journées de la fin pour la monté avec l’équipe élite la première année et les victoires en coupe du Cantal en tant qu’adjoint de l’équipe 1) et des moments plus délicats (la descente la 2ème année alors que nous finissions 8ème mais 5 descentes cette année-là à cause des descentes des clubs cantaliens de PH). Mais malgré tout, ces 3 années ont vraiment été formatrices pour moi. Je pars du principe que « c’est en faisant des erreurs qu’on apprend et qu’on avance» et le tout c’est d’en prendre conscience, d’apprendre de ses erreurs et d’aller de l’avant.
Et pour terminer, en 2016, j’ai eu la chance d’avoir mon club d’enfance, l’ES Pierrefort qui m’a proposé de prendre la responsabilité de leur équipe 1. Après de longues discussions avec Jonathan Miquelino (Co Président de l’ESP), j’ai accepté ce challenge car le discours de Jonathan reprenait toutes les valeurs du football qui sont les miennes et il m’inspirait une
grande confiance alors que je me lançais dans ma première expérience « sénior » d’une équipe première d’un club. La deuxième chose qui a aussi joué pour rejoindre l’ESP et qu’à mon départ en -13 ans, j’avais toujours dit que je reviendrais à l’ESP un jour. A ce temps-là, je pensais revenir en tant que joueur, mais comme j’ai pu l’expliquer précédemment, mon parcours sénior avec mes blessures fut compliqué et j’ai donc pensé que c’était l’opportunité de tenir ma promesse et de revenir entrainer l’ESP avec mes collègues tels que Romain Delcher, Benoit Bos, Cyril Falet, etc que j’ai quittés il y a 18 ans et avec qui j’ai passé de supers moments sur les terrains tous les weekends.
En conclusion, on peut dire que si j’ai préféré un parcours d’éducateur à celui de joueur, c’est un concours de circonstances avec par exemple, le fait d’avoir eu des blessures, ce qui m’a écarté pas mal des terrains en sénior et la chance d’avoir rencontré des personnes qui m’ont transmis les valeurs du football, d’avoir travaillé en club, en section, en relation avec le district du cantal et la ligue d’auvergne avec des éducateurs réputés tels que : Benoit Falcon, Nicolas Neuville, Sébastien Grammond, Jacques Merle, Raphael Raynaud, Rolland Seux, Vianney Pelat, Alain Richaud, Christophe Richaud, etc… Je ne vais pas citer le nom de Pagis Pierre Jean car sinon il va prendre le bocal en sachant qu’il nous a éliminé cette année en coupe du cantal !!! lol L’échange avec toutes ces personnes du monde du foot m’a permis de prendre un peu de chacun et de créer ma propre expérience et ma façon de faire.



 
4) Tu es à Pierrefort depuis 2016, qu’est ce qui t’a convaincu de venir ?
Comme j’ai pu le dire précédemment, tout d’abord j’avais une promesse à tenir envers mon club d’enfance. Je devais revenir un jour pour transmettre les valeurs que les anciens m’avaient inculqué quand j’étais jeune. C’était le moment, j’en ai donc profité. Deuxièmement, le projet sportif présenté par Jonathan Miquelino était un beau projet et la confiance qu’il m’apportait tout au long de son discours m’ont fait chaud au cœur. C’est réellement les valeurs d’un être humain qu’il a mis en avant et un footballeur est avant tout un être humain. C’est ce qui m’a plu dans son discours. Son discours reprenait les valeurs du club qui tournait autour d’un groupe sénior ESP (et non 3 équipes différentes au sein du club de l’ESP) à savoir celles de garder l’état d’esprit d’un club de copains, de collectifs (plus que d’individualité), de vivre ensembles, de plaisirs, de progressions… Toutes ces valeurs-là m’ont très vite parlé car ce sont celles qu’il y avait à l’époque quand j’étais jeune (quand les seniors venaient nous voir jouer) et qui ont perduré jusqu’à aujourd’hui. Toutes ces valeurs sont l’identité de l’ESP depuis des années grâce aux dirigeants, aux joueurs, aux supporters qui ont toujours tout fait pour ce club. Merci et bravo à eux.

5) Quel regard portes tu sur ces deux premières années ?
Le regard que je porte sur le club en général depuis mon arrivée est un club qui se porte bien, un club qui ne se prend pas la tête. Un club qui veut progresser tout en ayant les pieds sur terre en se disant qu’il faut prendre son temps pour faire les choses. Un club où les joueurs, les dirigeants, les supporters sont fiers de supporter le maillot bleu et blanc. Un club où tout le monde vit ensemble avec comme seule priorité que chacun apporte sa pierre à l’édifice pour que le club vive. Tout le monde avance dans le même sens pour que le club se porte bien. Et dans un village comme Pierrefort, c’est le plus important.
Si on parle un peu plus sportif, l’année dernière les équipes 2 et 3 ont accédé à l’échelon supérieur, ce qui est déjà très bien car pour Pierrefort, le fait d’arriver à aligner 3 équipes tous les Week-End dans ce petit village de campagne, est extraordinaire et témoigne du boulot des dirigeants et de l’état d’esprit du club. Et quand, en plus, les résultats sportifs suivent, c’est encore mieux. Cette année, pour ces 2 équipes, c’est un plus difficile car le niveau avec la refonte des championnat (arrêt de la 3ème div) est un peu supérieure. L’équipe 3 est un mélange d’ancienne gloire de l’ESP avec des plus jeunes du village qui prennent du plaisir tous les Week End à se retrouver et ça c’est le principal. Concernant l’équipe 2, après 2 accessions en 2 ans, cette saison est un peu plus difficile mais la bande de copains prend aussi plaisir à se retrouver. Dans le fond de jeu, cette équipe a progressé mais à ce niveau là malheureusement faire le jeu, ne paye pas sur certains matchs. Il ne devrait pas manquer grand-chose pour se sauver mais même s’il y a rétrogradation, cela n’est pas une fin en soi, cette équipe a peut-être monté trop vite les échelons à un moment donné et l’apprentissage de la division 3 cette année est peut-être un peu trop difficile avec des joueurs qui ne sont pas tout le temps disponibles par rapport au travail, dépendance des blessés et suspendu de l’équipe première. Et surtout ce niveau-là demande un minimum de disponibilité pour faire au minimum 1 entrainement par semaine. Cette rétrogradation (s’il y a) n’est pas une fin en soi en sachant que l’ambiance et l’état d’esprit de cette saison sont au rendez-vous et l’apprentissage de cette saison servira dès la saison prochaine afin d’avoir au plus vite des jours meilleurs avec ce groupe de copains qui a des qualités et qui a progressé sur les 2 dernières années.
Concernant l’équipe 1, sportivement elle a eu une marge de progression assez importante grâce à l’investissement de tous les joueurs sur ces 2 saisons et surtout grâce au sérieux et à l’écoute qu’ils ont pu avoir pour atteindre cette progression. (Même si pourtant j’ai été un peu pénible avec eux à certains moments concernant la présence aux entrainements lol). Je me rappelle mon premier match amical à Sainte Geneviève sur Argence l’année dernière où à la sortie je m’étais dit : « ouah il y a du boulot ». Et par le travail des gars aux entrainements et l’écoute des consignes afin d’essayer de faire un maximum de jeu tout en gardant l’état d’esprit collectif, quand on les voit jouer cette saison on peut voir que le groupe s’est donné les moyens de progresser afin de se faire plaisir tous les Week End. Félicitations à tout le groupe pour votre investissement et le travail accompli. Ce groupe doit encore progresser sur certains points mais cette équipe jeune a plaisir à se retrouver ensemble dans les bons et les mauvais moments et ça c’est le plus important. Le travail paye toujours et si ce groupe garde cet état d’esprit et cette envie de progresser, il n’y a pas de raison, elle devrait pouvoir se faire plaisir au niveau régional pendant pas mal de temps encore.
 
6) Quels sont tes objectifs personnels et collectifs ?
Concernant mes objectifs personnels en général, c’est bien sûr d’essayer de coacher une équipe au plus haut niveau possible. Ma marge de progression est encore grande je pense car je suis jeune en tant qu’entraîneur et j’ai encore beaucoup de choses à apprendre. C’est pour cela que j’adore voir, discuter, échanger foot afin d’apprendre tout le temps des autres.
Le football n’est pas un jeu individualiste, il ne faut pas faire quelque chose pour le seul intérêt de sa propre personne. Il faut aimer échanger, partager des points de vue avec les autres afin de se remettre en question et de progresser. Le foot d’aujourd’hui n’est plus le même que celui d’il y a 15 ans, c’est ce qui est intéressant aussi. Le rôle d’entraineur aujourd’hui, surtout à notre niveau est bien sûr de prendre en compte les valeurs footballistiques des joueurs mais aussi l’évolution sociale de la société et la gestion de groupe en fonction des besoins et des valeurs de chacun.
Sinon concernant les objectifs personnels au sein de l’ESP, j’espère pouvoir continuer à voir le club et notamment l’équipe 1 progresser de mois en mois avec toujours cette envie de se retrouver sur le terrain d’entrainements et de matchs les Week-End. Et pourquoi pas, si c’est possible, de voir un jour cette équipe, accéder au niveau supérieur. Autre chose aussi et là c’est une forme de promesse à Romain Delcher notre gardien, je sais qu’il a envie de jouer une finale de coupe du cantal et avant qu’il n’arrête (malgré ses douleurs dorsales je pense qu’il n’arrivera pas à lâcher avant 10-15 ans lol ; au passage cela montre les valeurs de ce club où les joueurs se mettraient en quatre pour aider les copains), je lui ai promis qu’on essayerait ensemble d’aller chercher cette finale donc pour lui, pour les joueurs, pour le club si on y arrivait un jour, ce serait le sentiments d’un devoir accompli.
Concernant les objectifs collectifs, comme je l’ai dit ci-dessus, c’est que ce groupe relativement jeune continue à progresser et continue à prendre plaisir et à provoquer du plaisir à tous les gens qui travaillent autour de ce club. Et si pourquoi pas l’occasion se présente, un des objectifs seraient d’envisager d’aller chercher le niveau supérieur pour que ce groupe de copains aient eux aussi à leur tour le sentiment du devoir accompli envers leurs ainés qui ont su porter haut les couleurs de Pierrefort à un moment donné et envers les dirigeants qui se bougent tous les week-end pour que les joueurs soient dans les meilleures conditions pour réussir et passer du bon temps.
 
7) Si tu devais convaincre un joueur de signer ici, quels serait tes arguments ?
Si je me fie au ragot que l’on peut entendre de part et d’autre en dehors des terrains de football, je prendrai mon téléphone et je dirai : « Salut t’aimes la bringue, ben signe à l’ESP ». Et non, l’ESP ce n’est pas ça, c’est un club avec des joueurs de qualité, une bande de copains qui ont des valeurs, du respect pour les gens qui les entourent, des joueurs qui vivent ensemble, qui aiment passer du temps ensemble sur et hors le terrain. C’est aussi des joueurs qui pensent au collectif avant même de penser à leur propre personne, des joueurs qui cherchent à progresser et qui donnent tout pour le maillot qu’ils ont sur les épaules (que ce soit sur le terrain et dans les diverses manifestations organisées). L’ESP, c’est un club où tout le village soutient les couleurs bleu et blanc, où les joueurs acceptent très facilement un nouvel arrivant. C’est tout simplement un club avec un grand savoir vivre, des valeurs, de la qualité, des rapports humains, des ambitions, tout en restant les pieds sur terre.
 
8) Qui sont tes modèles de coach dans le football actuel ?
Je n’ai pas forcément de modèle de coach car comme je vous ai dis chacun à sa particularité, ses points positifs et ses points négatifs, mais si sur la scène nationale, voir internationale, je devais en sortir 2 ce serait Zinedine Zidane et Christophe Galtier.
Tout d’abord Zidane par sa carrière de footballeur que tout le monde connait mais surtout en tant qu’entraineur, il aurait pu profiter de sa notoriété pour coacher très vite des équipes réputées. Mais non, il a décidé de suivre un cursus de formation à Lyon et faire l’effort de se former, d’échanger avec les autres afin d’apprendre le boulot d’entraineur. Chapeau Zinedine !!!!
Puis Christophe Galtier, étant un supporter de l’ASSE, je suis assez impressionné des résultats qu’il a pu avoir avec l’ASSE durant tous ces années passées à la tête de l’équipe. Il a réussi à transcender ses joueurs face à des grosses cylindrés de niveau national, voir européen grâce à sa gestion du groupe, aux valeurs inculquées à ses joueurs et à sa motivation et sa rage de vaincre sur tous les matchs.
Et si on parle au niveau local, mon modèle de coach est bien sur Pelat Vianney. Je le répète, c’est quelqu’un avec qui j’ai beaucoup appris. En plus d’être un entraineur qui connait son job, c’est un être humain avec beaucoup de valeurs qui ne regarde pas uniquement l’aspect footballistique d’un joueur mais qui prend aussi en compte l’être humain. Avec Vianney, c’était des heures et des heures d’échanges après les entrainements, les réunions, les matchs, tout autant constructives les unes que les autres. C’est quelqu‘un qui passait des heures à préparer ses séances, à se poser un maximum de questions pour que tout se passe bien, pour ne laisser la moindre chance à l’incertitude. C’est un coach et un être humain plein de savoir vivre et de respect. J’en profite donc pour te dire un grand merci Vianney pour les connaissances que tu m’as apportées, tes échanges, ton expérience concernant le job d’entraineur, et surtout pour ta confiance qui m’a permis d’apprendre énormément et de prendre un grand plaisir aujourd’hui à coacher l’ESP.
 
9) Où vois-tu l’ESP dans 5 ans ?
Si je ne me trompe pas, dans 5 ans, Pierrefort devrait toujours être situé entre Paulhenc et Gourdièges !!!
C’est compliqué de répondre à cette question car on sait tous que le football (surtout dans nos petits villages) va très vite. Cela dépend tellement de beaucoup de choses : le départ pour les études pour les jeunes, la recherche d’emploi pour certains, les blessures pour d’autres, les horaires de travail, la famille, etc... Nous sommes dans un département où il est difficile d’avoir un effectif assez conséquent pour assurer ses arrières. C’est pour cela aussi que je tire un grand coup de chapeau à l’ESP qui arrive à aligner 3 équipes dans ce petit village au fin fond du cantal.
Mais au vu de l’âme footballistique qu’a l’ESP, si ce groupe de jeunes garde cet état d’esprit et cette envie de progresser et si ce groupe n’est pas trop atteint par les départs ou les arrêts de joueurs (critères donnés ci-dessus), je pense réellement que l’ESP a de beaux jours devant elle. On m’a toujours dit qu’il fallait prendre les bons moments quand ils viennent, les deux saisons passées au sein de l’ESP en sont les exemples. Deux saisons à se régaler avec les joueurs, les dirigeants, les supporters… A l’ESP, le plus important est de garder cette envie de grandir sans se prendre pour un club que l’on n’est pas. Si le dévouement des dirigeants, des joueurs et l’état d’esprit restent en l’état, cela est le plus important pour ce village quel que soit le niveau. Et si cela perdure à long terme, les résultats sportifs tant
attendus en découleront. Que l’ESP garde cette envie et que chacun continue à apporter sa pierre à l’édifice et on pourra réellement dire que « L’ESP est bâtie sur pierre, L’ESP ne périra pas ! »
 
10) On te laisse le mot de la fin, pour les 70 ans du club ...
Tout d’abord, pour les 70 ans du club, je tiens sincèrement à féliciter le boulot accompli par les dirigeants, les joueurs et les proches du club de l’ESP qui va permettre à ce que ce jour d’anniversaire du samedi 9 Juin soit une grande fête. Le boulot effectué depuis bientôt un an montre bien l’attachement qu’ont l’ensemble des personnes pour leur club. Cela devrait être une grande fête avec pleins de surprises tout au long de l’après-midi et soirée. Je souhaite une bonne fin de saison à l’ensemble des trois équipes et leur souhaite de garder toujours cette envie de se retrouver tous ensembles. Concernant l’équipe première, l’objectif du club de finir dans les 6 premiers du championnat est déjà atteint. J’espère que nous arriverons à terminer sur le podium en fin de saison afin de pouvoir fêter comme il se doit cet anniversaire du club. Un podium en R3, dans une poule d’un niveau relevé pour ce niveau-là, serait historique et tomberait bien en cette année anniversaire.
D’ici là, il y aura peut-être un but de Pierre Alain Chassang qui d’après les anecdotes de certains serait le seul joueur français à avoir marqué en championnat en n’ayant pas sa chaussure au pied (perdu dans un duel = bizarre). Mais depuis mon arrivé, je l’ai davantage vu faire perdre leurs chaussures aux adversaires plutôt que de marquer un but. Il te reste un petit mois Pierre Alain pour y arriver !!!!
 
Je finirai ce questionnaire par remercier l’ensemble des joueurs de l’ESP pour leur travail et leurs résultats, les dirigeants pour leur travail et leurs temps consacrés au club, aux supporters pour leurs encouragements et leur amour pour leurs couleurs. Il y en a qui disent que l’ESP est une famille. Cela n’est pas une légende, c’est bel et bien vrai je peux vous l’assurer.
 
On se donne rendez vous dès que vous pouvez autour du stade les jours de match ainsi que le samedi 9 Juin pour les 70 ans du club !!!
 
Gardez tous votre âme, vos couleurs et allez l’ESP !